Un commentaire sur “Compte-rendu de la manif anti-démocratie et anti-BI du 17/03/12

  1. Aujourd’hui, 14 heures, place Arnaud Bernard, à Toulouse

    les boucheries halal, les cafés marocains, les vendeurs de babouches rendent compte de ce quartier typique de l’ancienne France où les effluves du bled soulèvent délicatement les burkas des femmes en goguette. C’est jour de marché. Pour une fois, des spécialités locales, façon arrière-pays. Devant la pharmacie, une soixantaine d’hommes, de femmes, et de chiens – je serai bien incapable de les distinguer les uns des autres – s’assemblent autour de quatre bannières et d’une camionnette rouge, façon sang de prolétaire. Dès l’entrée je suis dans l’ambiance. Quatre skinhead antifascistes, à lacets rouges, comme ils se doit, s’avancent gaiement vers la lutte finale. L’ambiance est plutôt bon enfant, les jeunes s’amusent à se faire peur. J’interroge un origanisateur : C’est une manifestation pour lutter contre l’implantation à Toulouse d’un local du Bloc Identitaire, sis au 36 avenue de Barcelonne. Un comparse hurle, à côté : Tolosa ! Antifa ! L’autre m’invite à me joindre au groupe, je n’hésite pas…. claire chiccalmachin, ma maîtresse en journalisme, me guide dans mon infiltration.

    Aucune racaille dans le groupe… elles se tiennent à l’écart et se moquent de ces bouffons et de ces boloss’ de blancs. Je ne m’interroge pas, les autres non plus. Peu importe sans doute, l’ennemi, c’est le facho. Le temps passe un peu. L’antifa n’est pas très ponctuel. Quelques groupes épars viennent grossir la masse en action statique, qui monte à 70, 100 selon la police, 350 selon les organisateurs qui comptent les bouteilles de bière.

    Enfin, vers 14h30, la camionnette s’ébranle poussivement… va y’avoir de l’action, on va pouvoir hurler et se défouler.. Nous nous avançons, frétillants d’excitation longtemps rentrée.. les fachos doivent trembler. Un camarade s’avance vers nous et nous informe d’un possible dispositif policier autour du local identitaire… les trois hommes s’éloignent, je n’en saurai pas plus..

    La sono commence à cracher des slogans savamment préparés : Toulouse ! Antifasciste ! Tolosa ! Antifa ! Pas d’repos ! Pour les fachos ! Ni à Toulouse ! Ni ailleurs ! Deux trois bobotes se dandinent, excitées par la chaude voix de l’orateur….

    Les marchands, à leurs étals, regardent sans trop comprendre.. Quelques-uns semblent légèrement intéressés, d’autres paraissent franchement hostiles. Ils faut dire qu’eux ont dû subir la place depuis des heures, et les nombreuses provocations et incivilités de la population locale, qui n’apprécie que modérément de voir se dresser sur son territoire des monceaux de charcuterie campagnarde. Quoiqu’il en soit, le mot du jour revient incontestablement à une vieille dame, qui, répondant à une amie interrogative, affirme qu’il s’agit sans doute d’une manifestations de « fachos ».. il faut dire que nos vaillants antifas ont le poil court et la ranger de sortie, fût-elle lacée de rouge.. Les nazis en chandail et les résistants de salon en bottes, tout se perd ma bonne dame.

    Puis, le cortège se dirige vers le Boulevard Armand Duportal, qui relie le mail à la Garonne, et au canal de Brienne, sur les rives duquel se situe le local des camarades. La marche est désordonnée, l’antifa ne sait pas marcher au pas de l’oie, et c’est dommage, car ça aurait eu autrement plus de gueule. Le cortège, somme toute bon enfant, ressemble davantage à un déferlement frileux de tecktonikeurs bourrés, et ce ne sont guère les quatre drapeaux, la banderole et les pancartes peinturlurées qui pourraient faire peur. Les passants, d’ailleurs, ignorent franchement. Nulle fenêtre ne s’ouvre, nul badaud ne s’arrête. Le peuple, comme toujours , s’abstient.

    Je me laisse alors distancer par le groupe… assez de temps perdu. Je passe le relais aux identitaires, que l’on dit rassemblés dans leur local.. Ils n’auront pas de mal à faire face. Il ne reste plus qu’à attendre le commentaire élogieux des journaux, qui ne manquera pas de saluer, comme il se doit, la mobilisation extraordinaire (sic) des vaillants idiots utiles du capitalisme. Le maître ainsi salue ses agents.

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